28 mars 2006

Les inquiétudes des familles

landru3Le cycle infernal aurait pu durer quelques temps encore si, au cours du mois d’octobre 1917, une dame répondant au nom de Pellat, n’avait écrit au maire de Gambais pour lui demander des informations sur un certain Cuchet ou Frémyet, que sa soeur avait suivi avant de disparaître sans donner de ses nouvelles. Au même moment, Landru mettait fin à ses relations avec Louise Jaume, dont personne n’entendra jamais plus parler ... Et c’est encore en toute impunité qu’il inscrit son nom dans ses carnets de comptes, en regard de la somme que lui rapporte son escroquerie au mariage. A Noël, Landru offre à sa maîtresse, Fernande Segret, le sautoir de sa première victime. De retour dans son foyer, auprès de sa femme et de ses enfants, Landru commente l’actualité, disserte sur la dureté des temps et les difficultés qu’il rencontre à gagner le peu d’argent qu’il leur consent. Car pour Marie-Catherine et les enfants, il exerce officiellement le métier de brocanteur. En 1918, Anne-Marie Pascal disparaît à Gambais, un an, presque jour pour jour, après Andrée Babelay. Et Landru inscrit son nom dans ses carnets : deux chiffres que l’enquête déterminera comme étant l’heure de sa mort. Pour un solde de tout compte de 8,85 francs ! Un sou est un sou, pour cet homme dont les moyens n’avaient pas l’ambition de ses rêves. Toujours à court d’argent,Landru cherche à sous-louer la villa de Gambais tandis qu’il se remet en chasse d’une proie plus argentée. Cette fois-ci, c’est par l’intermédiaire d’un certain Morel, courtier d’affaires, qu’il fait la connaissance d’une ancienne prostituée, Marie-Thérèse Marchadier, qui cherche à vendre son mobilier. Mais bientôt, les troupes allemandes s’effondrent sur le front de l’Ouest. La fin de la guerre est proche et Landru s’exclame devant Fernande Segret : « La guerre se termine trop tôt ! » En 1919, après Mme Pellat, c’est une certaine Marie Lacoste, inquiète de la disparition de sa soeur, Célestine Buisson, qui s’adresse au nouveau maire deGambais pour lui soutirer des renseignements. Or, tandis que Landru emprunte deux mille francs à l’une de ses conquêtes, il met un terme tragique à l’aventure qu’il entretient depuis peu avec Marie- Thérèse Marchadier. Dans un concours de circonstances qui ne doit plus rien au hasard après tant de disparitions [...], le père d’Anna Collomb porte plainte contre X au parquet de la Seine. Désormais, la machine administrative est en marche. L’étau se resserre : la police prend en compte les inquiétudes des familles et le dossier des femmes disparues est envoyé au parquet de Mantes.

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Posté par kematca à 11:23 - - Permalien [#]